Les messages brûlaient dans mon téléphone comme des braises vivantes…
Note de l’auteur : Cette œuvre de fiction érotique met en scène des personnages adultes dans des situations de consentement mutuel, explorant les complexités du désir, de la jalousie et de la transgression.
Chaque notification faisait vibrer mon corps avant même que mes yeux ne parcourent les mots.
Le jour où je vais t’attraper.
C’était devenu notre mantra, notre promesse, notre menace.-
Tu ne peux jamais rien me faire comme mon mari n’a jamais pu me faire, avais-je écrit hier soir, les doigts tremblants sur l’écran tactile. Il fait souvent les choses pis que ce que tu crois.
J’étais étendue sur le lit conjugal, mon mari ronflant à mes côtés, son corps tourné vers l’autre bord. L’espace entre nous aurait pu contenir un océan. Je fixais le plafond, imaginant les mains de Kévin sur moi, ses doigts traçant le chemin que mon mari n’avait jamais su trouver.
Kévin. Vivant à seulement quinze kilomètres de moi dans ce Douala qui semblait soudain immense.
Nous nous parlions depuis six mois, trois semaines et quatre jours. Je connaissais le décompte. Je connaissais la texture de sa voix quand il chuchotait, le rythme de sa respiration quand il se masturbait pendant nos appels, cette façon qu’il avait de dire mon prénom, Nadège , comme s’il dégustait chaque syllabe. Mon téléphone vibra à nouveau. Une photo. Mes propres seins, les aréoles sombres, les mamelons durs. Je l’avais prise dans la salle de bain plus tôt, le cœur battant à tout rompre. Je l’envoyai sans commentaire. Une provocation silencieuse.
- Tu vois ce que tu ne touches pas, pensai je. Tu vois ce que tu ne goûtes pas.
Le lendemain, mon mari partit tôt pour une réunion à Bonanjo.La maison était silencieuse, trop silencieuse. L’envie de parler à Kévin me démangeait comme une fièvre. Je lancai un appel WhatsApp vidéo.Il décrocha au troisième signal.Et le monde s’effondra…
Son regard à lui…
La prostituée bougeait au-dessus de moi avec une mécanique digne de l’experte qu’elle est. Elle s’appelait Prisca, ou du moins c’est le nom qu’elle m’avait donné. Son corps était ferme, jamais ses yeux regardaient au-delà de mon épaule, vers l’argent sur la table de nuit. Mon téléphone vibra. Nadège.
L’appel vidéo. Sans réfléchir, je glissai mon doigt sur l’écran. –
- Allô? La connexion s’établit. Je vis son visage, ces yeux larges, cette bouche entrouverte, puis je vis son expression se transformer.
La reconnaissance, puis la confusion, puis l’horreur. Prisca continua son mouvement, ignorant tout, ou s’en fichant.-
- Nadège, dis-je, la voix étranglée. Mais elle avait déjà raccroché.
Prisca s’arrêta, essouflée
- C’était qui?
- Personne, grognai-je. Mais elle avait vu. Elle s’extirpa de moi, le visage fermé.
- Écoute, si c’est ta femme ou ta copine…-
- Ce n’est ni l’une ni l’autre.
- Peu importe.
Elle se leva, ramassant ses vêtements éparpillés sur le sol de ma chambre.
Je ne veux pas de problèmes.- Prisca…dis-je faiblement –
Non. Elle enfilait déjà sa jupe.
Tu paies pour une heure, tu as eu quarante minutes. La moitié de l’argent reste.
Je restai allongé, le sexe flasque soudain, la colère montant.
Je fixai le téléphone, l’écran noir maintenant, imaginant Nadège de l’autre côté. Sa jalousie. Sa colère. Son désir frustré.Et soudain, je sus. Je savais exactement ce qui allait se passer.
Son regard à elle
Je serrai le téléphone si fort que je craignis de le briser. La vision était gravée derrière mes paupières : son torse nu, une femme aux cheveux tressés assise à califourchon sur lui, son visage à lui tourné vers la caméra, surpris. La colère était un raz-de-marée dans mes veines. Puis la honte. Puis quelque chose d’autre, de plus sombre, de plus chaud. Une jalousie qui se transformait en désir pur. Il m’appela. Une fois. Deux fois.À la troisième, je répondis.
Tu sais que je suis mariée, crachai-je avant même qu’il ne parle,pour me donner bonne conscience
Oui, sa voix était calme, trop calme. – Merci de me le rappeler, continua t’il. Et tu sais ce que tu veux.
Je ne veux rien, criai-je.
Tu mens.
Un silence. –
Tu as trente minutes.-
Pour quoi faire?-
Pour venir ici. Pour arrêter de parler et faire enfin ce que nous imaginons depuis six mois.
Je ris, un son amer.
Tu crois que je vais venir? Après ce que je viens de voir?-
Justement à cause de ce que tu viens de voir, dit-il. Tu es jalouse. Tu veux ce qu’elle a eu. Tu veux mieux.
Mon souffle se bloqua dans ma gorge.-
Écoute-moi bien, Nadège, continua-t-il, sa voix devenant un ordre doux. Mets un collant. Pas de culotte en dessous. Juste le collant. Je ne veux pas perdre de temps à retirer tes vêtements.-
Tu es fou.-
Trente minutes. L’adresse que je t’ai envoyée il y a des semaines. Si tu n’es pas là, je te bloque. Pour de bon.
Il raccrocha.Je restai immobile, le téléphone collé à mon oreille, écoutant le silence. Puis je me levai. Je marchai vers mon armoire comme une automate, guidée par je ne sais quoi. Mes doigts tremblants trouvèrent le collant noir, fin, celui que mon mari aimait me voir porter sous les jupes tailleur. Je ne mis rien en dessous.
Son regard à lui
Je regardai la pendule. Quinze minutes s’étaient écoulées.Je ne m’étais pas rhabillé. J’étais assis au bord du lit, nu, observant la porte. Mon corps était tendu, chaque muscle alerte. Je connaissais Nadège. Je connaissais cette tension entre nous, ce jeu dangereux.À la vingt-deuxième minute, on frappa à la porte.Un coup. Timide. Puis plus ferme.J’ouvris.Elle était là. Vêtue d’un kaba bleu et jaune, les yeux brillants de colère et de larmes retenues. Elle sentait le savon et le parfum cher, celui qu’elle réservait pour les occasions spéciales.
Tu es en retard de deux minutes, dis-je.
Elle entra sans invitation, se frayant un chemin comme une tempête. –
Comment as-tu osé? Avec une prostituée? Pendant que tu me parlais? Pendant que je…-
Pendant que tu faisais quoi, Nadège?Je fermai la porte. Pendant que tu envoyais des photos de tes seins à un homme qui n’est pas ton mari? Pendant que tu mentais dans ton lit conjugal en imaginant mes mains sur toi?
Elle se retourna, le visage défait. –
Tu ne comprends rien.-
Alors explique-moi.Mais elle ne parla pas. Ses yeux parcoururent mon corps nu, s’attardant sur mon sexe qui commençait déjà à durcir sous son regard.Je m’approchai. Lentement. –
Tu as mis le collant?Elle hocha la tête, incapable de parler.-
Montre-moi.-
Non.- Montre-moi, Nadège.
Nos regards s’affrontèrent. Dans ses yeux, je vis la bataille : l’épouse respectable, la mère, la femme qui avait promis fidélité,et puis l’autre femme, celle qui m’écrivait la nuit, celle qui connaissait chaque centimètre de son corps désirable et voulait qu’un autre l’explore.Sa main se leva. Les doigts hésitants trouvèrent la fermeture éclair sur le côté de sa robe. Le bruit du métal glissant sembla terriblement fort dans le silence.La robe s’ouvrit. Elle la laissa tomber à ses pieds.Elle portait seulement le collant noir, transparent, qui moulait ses hanches, son ventre, la toison sombre visible à travers le tissu. Ses seins étaient libres, lourds, les mamelons déjà durs.
Comme tu as demandé, murmura-t-elle, la voix brisée.
Je ne la touchai pas. Pas encore. Je fis un cercle autour d’elle, admirant la courbe de son dos, la fermeté de ses fesses, la façon dont le collant s’enfonçait entre elles.
Tu parles trop, dis-je. Tu réfléchis trop. Aujourd’hui, tu ne fais que ressentir.
Je m’assis sur le lit.
Viens ici.
Elle hésita.
Maintenant.
Elle marcha vers moi, chaque pas une concession, une victoire. Quand elle fut devant moi, je posai mes mains sur ses hanches. Le collant était soyeux sous mes paumes. Je glissai mes doigts sous l’élastique à la taille et commençai à le descendre, lentement, révélant la peau dorée centimètre par centimètre.Quand il fut à mi-cuisses, je m’arrêtai. «
Penche-toi.
Quoi?
Penche-toi sur le lit. Les mains posées sur le matelas.
Elle obéit, le corps arqué, offrant la vue de son sexe maintenant exposé, humide déjà.
Tu es venue pour me gronder, dis-je, ma main caressant l’intérieur de ses cuisses. Alors gronde. Dis-moi tout ce que tu as à dire.
Elle tourna la tête, ses yeux rencontrant les miens.
Je te déteste.
Je sais.
Tu m’as humiliée.
Je sais.
Je devrais partir.
Mais tu ne le feras pas.
Je n’attendis pas sa réponse. Ma bouche trouva son sexe, ma langue traçant un chemin qu’elle n’avait jamais permis à personne d’emprunter ainsi. Elle cria, un son étouffé, ses mains s’agrippant au couvre-lit.
Son regard à elle
Sa bouche. Mon Dieu, sa bouche. Toutes les années de mariage, toutes les nuits où j’avais simulé, où j’avais fermé les yeux en attendant que ça se termine, tout s’effaça dans le feu de sa langue. Il ne me léchait pas, il me dévorait, comme si j’étais le premier et dernier repas de sa vie, j’étais devenu un mets succulent dans la bouche d’un autre et le comble c’est que j’aimais ca . Mes jambes tremblaient. Des sons que je ne me connaissais pas sortaient de ma gorge. Je voulais parler, gronder, exiger des explications, mais tout ce qui sortait était une supplication.
Kévin… s’il te plaît…
Il me retourna, brutalement. Mes seins écrasés contre le matelas. Je sentis son poids sur moi, son sexe dur contre mes fesses.
Tu voulais savoir ce que j’ai fait avec elle? murmura-t-il à mon oreille. Tu voulais voir? Maintenant, tu vas sentir.
Il entra en moi d’un seul coup, profond, me remplissant d’un coup. Je criai, le son déchirant la pièce. La douleur s’effaça presque immédiatement, remplacée par une plénitude qui me fit voir des étoiles.Il ne bougea pas d’abord. Sa main s’enroula dans mes cheveux, tirant doucement ma tête en arrière.
Regarde-toi,murmura-t-il, me tournant vers le miroir sur l’armoire.Je me vis : le visage déformé par le plaisir, le corps offert, lui derrière moi, possessif, sauvage.Tu es à moi maintenant, dit-il. « Pour cette nuit, tu es à moi.
Puis il commença à bouger. Et le monde explosa.La nuit se déchire
Les heures se fondirent en une seule longue frénésie de chair et de désir. Nous ne parlions plus, sauf pour des ordres, des supplications, des jurons.Il me prit sur le lit, contre le mur, sur le sol. Chaque position révélait un nouveau point de sensibilité, chaque poussée approfondissait un abîme de plaisir que je n’avais jamais soupçonné exister.À un moment, il attacha mes poignets avec sa ceinture.
Tu aimes contrôler, murmura-t-il. Tu contrôles tout dans ta vie. Ton mariage, ton travail, tes enfants. Ici, tu ne contrôles rien. Il avait raison. Je m’ abandonnai à cette sensation étrange et libératrice : n’être plus responsable. N’être plus l’épouse, la mère, la femme respectable. N’être qu’un corps qui ressent. Quand il me pénétra par derrière, sa main frappant mes fesses en rythme avec ses poussées, je pleurai. Pas de douleur, mais de soulagement. Comme si toutes les tensions, toutes les frustrations de toutes ces années s’échappaient par mes pores.
Combien?
demanda-t-il à un moment, sa respiration haletante contre mon cou.
Quoi?
Combien de fois as-tu joui?
Je ne savais pas. J’avais perdu le compte après la troisième, ou peut-être la quatrième. Mon corps était un arc tendu, toujours à la limite, toujours sur le point de se briser à nouveau.
Ça n’a pas d’importance, murmurai-je.Il me retourna pour me faire face. Ses yeux parcouraient mon visage, mon corps couvert de sueur et des marques de ses mains, de sa bouche.
Si. Ça a de l’importance. Je veux que tu te souviennes de chaque fois. Je veux que quand ton mari te touche, tu compares. Et que tu saches qu’il ne pourra jamais.
C’était cruel. C’était vrai.Je l’attirai vers moi, ma bouche trouvant la sienne dans un baiser qui était une bataille, une capitulation, une promesse.
Le soleil commençait à poindre quand nous nous effondrâmes finalement, épuisés, nos corps entrelacés dans les draps froissés et humides.
Son regard à lui
Elle dormait. Son visage, détendu, était plus jeune. Les lignes d’inquiétude que j’avais vues dans ses photos avaient disparu.Je la regardais, cette femme mariée qui était venue dans ma chambre pour une confrontation et qui avait fini par se transformer en amante insatiable. Elle avait dépassé toutes mes attentes. Sa retenue avait cédé la place à une passion sauvage, presque effrayante.
Mon téléphone vibra. Prisca.
Tu as reçu ce que tu voulais?Je niai le message.
Nadège bougea dans son sommeil, murmurant quelque chose d’incompréhensible. Sa main chercha mon corps, se posa sur ma hanche comme pour s’assurer que j’étais toujours là. L’aube teintait la pièce de gris et d’orange. Dans quelques heures, elle devrait rentrer. Dans sa vie. Dans son mariage. Dans son rôle. Une partie de moi voulait la garder. Une autre savait que c’était impossible. Elle ouvrit les yeux. Les regarda quelques secondes, désorientée, puis la mémoire revint. Une timidité non feinte monta à ses joues, mais ses yeux ne se détournèrent pas.
Bonjour, murmura-t-elle.
Bonjour.
Elle regarda la fenêtre.
Je dois…
Je sais.
Elle ne bougea pas. Sa main était toujours sur ma hanche.Je me penchai et l’embrassai. Doucement, cette fois. Pas le bavage voraCe de la nuit, mais quelque chose de plus tendre, plus dangereux.Elle répondit au baiser, ses mains remontant dans mes cheveux.
Quand nous nous séparâmes, elle avait les larmes aux yeux.
Je ne savais pas, murmura-t-elle. Je ne savais pas que ça pouvait être comme ça.
Maintenant, tu sais. Je la pris encore une fois, au matin, avec une lenteur qui contrastait avec la frénésie de la nuit. Chaque caresse était une adieu, chaque poussée une promesse que nous ne tiendrions probablement pas. Quand elle jouit cette dernière fois, elle pleura vraiment, de gros sanglots silencieux qui secouaient son corps. Je la serrai contre moi, sentant ses larmes sur ma peau.
Son regard à elle
Je me rhabillai avec des mains tremblantes. Chaque vêtement était un retour à la réalité. La robe. Les sandales. Le collant déchiré que je fourrai dans mon sac. Il était assis sur le lit, me regardant. Nu toujours. Imperturbable.
Alors? demanda-t-il.
Alors quoi?
Est-ce que c’était ce que tu attendais?
Je fermai les yeux. C’était mieux. Pire. Je ne sais pas.
Tu reviendras?
La question planait entre nous. Je regardai par la fenêtre. Akwa s’éveillait. Les vendeurs installaient leurs étals, les taxis klaxonnaient déjà,les bendskinneurs criaient des destinations. Ma vie était là-dehors, avec l’école des enfants, le travail, le mari qui m’attendrait probablement sans se douter que sa femme n’existait plus.
Je ne peux pas, dis-je, la voix à peine audible. Il hocha la tête, comme s’il s’y attendait.
Alors c’était juste une aventure d’un soir.
Ce n’était pas une question. Je marchai vers la porte. Ma main sur la poignée. Je me retournai, une dernière fois.
Kévin…
Ne dis rien. Pars. Retourne à ta vie.
Je sortis. Les rues de Douala m’engloutirent immédiatement, comme si la nuit n’avait jamais existé.
L’après:
Chez moi, la douche fut un châtiment et un baptême. Je frottai ma peau, essayant d’effacer les marques, l’odeur de lui. Mais quand je me touchai entre les jambes, encore sensible, encore humide, je sus que je ne pourrais jamais vraiment l’effacer.
Mon mari rentra ce soir-là comme d’habitude. Il m’embrassa sur la joue. «
Tu as passé une bonne journée?
Oui,mentis-je. Toi?
Il parla de sa réunion. Je le regardai sans vraiment écouter. Je voyais ses mains, différentes de celles de Kévin. J’entendais sa voix, moins profonde. Je sentais son odeur, familière mais soudain étrangère.Au lit, il se tourna vers moi.
Tu veux…?
Non, dis-je trop vite. Je suis fatiguée. Il accepta sans discuter. Comme toujours.
Je sortis mon téléphone. Le numéro de Kévin. J’écrivis un message. Puis l’effaçai. Puis réécrivis.Merci.Deux minutes plus tard, sa réponse.
De rien. C’était tout. Pas de promesses. Pas de plans. Pas de revoir. Je restai éveillée longtemps, écoutant la respiration régulière de mon mari, sentant encore entre mes cuisses la douce douleur de cette nuit, le souvenir de ses mains sur moi, de sa bouche, de cette liberté sauvage et effrayante. Et la question tournait dans ma tête, comme une mélodie obsédante : Etais je prête à tout balancer? À quitter cette vie, cette sécurité, pour l’inconnu avec un homme qui m’avait montré des abîmes de plaisir mais aussi ma propre capacité à trahir? Ou devais-je me contenter de ce souvenir, cette aventure d’un soir qui brûlerait en moi comme une braise secrète jusqu’à ce que le temps ne l’éteigne?
Dehors, Douala respirait, indifférente à mon dilemme. La ville continuerait, avec ou sans mes choix. Mais moi,..je confirmai que j’étais devenue une autre. Plus dangeureuse encore. Et plu sexuellement libérée.

