Deux semaines plus tard…
Son regard à elle
Mon corps n’avait pas oublié.
Chaque matin, je me réveillais trempée, les draps collés à mes cuisses, la mémoire de ses mains brûlante sous ma peau. Mon mari me touchait et je fermais les yeux, je revoyais Kévin, son regard noir, sa bouche cruelle et habile. J’avais résisté. Jusqu’à aujourd’hui.
Un message. Une photo. Son lit. Les draps froissés, sa ceinture encore sur l’oreiller.
Il reste une place.
Je respirais un coup, deux. Et j’écrivis :
Je ne reviendrai pas.
Sa réponse fut immédiate.
Tu mens. Tu comptes les heures. Comme moi.
J’étouffais. Le rôle de l’épouse parfaite, de la mère attentive, j’étouffais.
Ce soir, mon mari devait dîner avec des clients.
Ne m’attends pas, m’avait-il dit.
J’avais trois heures. Je ne mis pas de collant. Juste une robe simple, facile à enlever. Pas de sous-vêtements. Un détail qu’il ne saurait qu’en touchant.
Son regard à lui
Je savais qu’elle viendrait. Nadège était une femme de devoir, mais son désir était plus fort que ses principes. Je l’avais vue se déchirer cette nuit-là, s’abandonner. Et depuis, elle me manquait comme une drogue.
Je préparai la chambre. Des bougies cette fois. De l’huile chaude. Une playlist où le rythme des basses rappelait les battements de cœur. Je voulais la briser encore, mais lentement. Lui faire avouer ce qu’elle refusait de dire : qu’elle était à moi maintenant, qu’elle ne pouvait plus revenir en arrière. Quand elle frappa, je souris. Pas timide cette fois. Des coups francs, irrités, sa marque. J’ouvris. Elle avait les joues roses, les yeux brillants de colère ou de larmes.
Tu es sûre de toi, dis-je en laissant mon regard parcourir son corps.
Ferme ta bouche et prends moi, cracha-t-elle en entrant. Je la saisis par le bras, la plaquai contre le mur. Mon corps s’écrasa contre le sien.
Qui commande ici, Nadège ? Elle haleta, mais soutint mon regard.
Toi. Pour maintenant.
La possession
Je la déshabillai sans douceur. La robe tomba. Elle frissonna, mais ne se couvrit pas. Ses seins, lourds, ses hanches, sa toison sombre, tout était offert, en défi.
À genoux, ordonnai-je.
Elle hésita une seconde, puis obéit. Ses yeux ne me quittaient pas.Je dégrafai mon jean, sortis mon sexe déjà dur.
Tu sais ce que tu veux. Prends-le.
Elle approcha ses lèvres, les passa sur le gland, puis m’engloutit avec une avidité qui me fit grogner. Elle n’était pas experte, mais elle était déterminée, comme si elle voulait m’avaler tout entier, me posséder autant que je la possédais. Je lui pris les cheveux, guidai le rythme. Profond, jusqu’à ce qu’elle étouffe. Puis je la relevai, la retournai contre le mur.
Cette fois, tu regardes, dis-je en la positionnant face au grand miroir près du lit. Je me mis derrière elle, une main sur sa nuque, l’autre écartant ses fesses. J’entrai lentement, en une seule poussée profonde. Elle cria, ses ongles griffant le mur. Dans le miroir, je voyais son visage se décomposer de plaisir, ses yeux s’ouvrir tout grands, sa bouche s’entrouvrir.
Regarde toi, grognai je en accélérant. Regarde comment ton corps me réclame.
Elle était trempée, chaude, étroitement enveloppante. Chaque va-et-vient était une revendication.Je la faisais jouir rapidement, brutalement, sans préparation. Puis, alors qu’elle tremblait encore, je la traînai sur le lit, attachai ses poignets avec la ceinture au-dessus de sa tête.
Tu bouges trop. lui reprochai je. Je pris de l’huile tiède, en versai sur son ventre, ses seins, entre ses cuisses. Mes mains massèrent, pressèrent, pénétrèrent. Un doigt, puis deux, puis trois, écartant, préparant.
Kévin… arrête… je ne peux plus…
Tu peux. Et tu vas le faire.
Je me penchai, ma bouche sur son sexe, ma langue tourbillonnant sur son clitoris sensible. Elle se tordait, suppliait, mais ses hanches poussaient contre ma bouche. Je la sentis de nouveau frémir, puis exploser en sanglots secs. Sans la détacher, je me positionnai entre ses jambes écartées. Mon sexe retrouva son chemin, plus profond encore. Je me penchai sur elle, ma bouche près de son oreille.
Dis-le. Dis que tu es à moi.
Non… Je poussai plus fort.
Dis-le.
Je suis à toi… pour cette nuit…
Pas seulement cette nuit. À jamais. Dans ta tête. Dans ton corps. Même quand tu seras avec lui.
Je la pris avec une rage qui nous fit tous deux hurler. Le lit cognait contre le mur. Sa peau était couverte de sueur, de marques roses. Je la retournai, la mis à quatre pattes, et la pénétrai par-derrière, une main sur sa hanche, l’autre tirant ses cheveux.
C’est ici que tu voulais être, Nadège ? Ici, comme une chienne en chaleur ?
Elle ne répondit pas, mais son corps frissonna de nouveau, et je sentis ses contractions intimes, violentes, prolongées. Elle jouissait encore, sans retenue, en pleurant.Je lâchai tout en elle, avec un grognement animal, en m’enfouissant au plus profond. Puis je m’effondrai sur elle, toujours en elle, nos souffles saccadés à l’unisson.
L’après, plus sombre
Nous restâmes un long moment enlacés, silencieux. Puis je la détachai. Ses poignets étaient marqués de rouge. Je les embrassai. Elle se tourna vers moi, le regard vide et plein à la fois.
Tu me détestes, dis-je.
Oui. Et je te veux. C’est pire.
Je me levai, pris mon téléphone.
Ton mari t’a envoyé un message.
Elle pâlit.
Quoi ?
Rassure toi. Il dit juste qu’il rentre plus tôt. Dans une heure. Elle bondit du lit, se rhabilla à toute vitesse. Je la regardais, adossé au mur.
Tu paniques.
Je dois rentrer. Les enfants…
Je sais.
Avant qu’elle ne parte, je l’attrapai par la taille, l’embrassai profondément, goûtant nos saveurs mêlées.
Ce n’est pas fini, Nadège.
Si. Ça doit l’être.
Tu reviendras. Parce que maintenant, tu sais ce que c’est de vraiment vivre. Et tu ne pourras plus jamais t’en passer.
Elle partit sans répondre.
Quelques heures plus tard…
Son regard à elle
Dans la douche, je frottai mes poignets, l’entrejambe endolori, les marques sur mes hanches. Mon mari frappa à la porte.
Tout va bien ? Tu es là depuis longtemps.
Oui, juste… fatiguée.
Je sortis, enroulée dans une serviette. Il me regarda, et je crus voir une lueur de suspicion.«
Tu as des bleus sur les bras ?
Je me suis cognée dans l’armoire. Il hocha la tête, me prit dans ses bras. Je me raidissais. Son odeur, son étreinte… ce n’était plus pareil.
Au lit, il se colla à moi. Sa main descendit sur mon ventre. Je fermai les yeux, je revoyais Kévin, j’entendais sa voix.
Même quand tu seras avec lui…
Quand mon mari entra en moi, doucement, tendrement, je détournai la tête et je mordis l’oreiller pour ne pas crier un autre nom.
Plus tard, mon téléphone vibra. Un message.
Je sais que tu y pensais. À la prochaine.
Je l’effaçai.
Puis je sortis de mon lit, allai à la fenêtre. La nuit était chaude, humide. Quelque part, à quinze kilomètres, il était là. Et il savait.Je portais sa marque. Pas seulement sur la peau. Dans mon ventre, dans mon sang, dans ma tête.
Le jeu était devenu dangereux. Et je n’étais pas sûre de vouloir m’arrêter, malgré ce combat interne entre moi et moi .

