Le Dialogue Africain Permanent (DAP) 2026 s’est tenu le 28 avril au Palais des Congrès de Yaoundé, sous le thème « Jeunesses et migrations : structurer et financer durablement les systèmes jeunesse africains ». L’événement a réuni décideurs, experts, représentants internationaux et jeunes leaders autour d’une ambition : repenser la mobilité des talents africains comme levier de développement pour le continent.

    La cérémonie d’ouverture a été marquée par le discours de Monsieur le Secrétaire général du MINJEC, représentant le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique. Il a salué l’initiative du CIDP et rappelé la nécessité d’une action publique coordonnée pour offrir aux jeunes africains des perspectives sur le continent.

    La Présidente du CIDP, Dr Hemes Nkwa, a ensuite pris la parole pour situer les enjeux : « Le DAP n’est pas un sommet de plus. C’est un laboratoire permanent pour construire des réponses africaines aux défis de la jeunesse et de la migration. »

    Le Chef de Mission de l’OIM Cameroun, M. Abdel Ramane Diop, a été chaleureusement accueilli. Dans son allocution, il a souligné l’importance d’une gouvernance migratoire fondée sur les droits et la coopération régionale. Il a d’ailleurs reçu plus tard dans la journée le Prix Spécial REBUNTU DAP 2026, distinction honorant son engagement constant aux côtés des jeunes et des migrants vulnérables.

    Leçon inaugurale : Pr Jean-Emmanuel Pondi, un regard afro-centré sur les migrations

    L’un des temps forts de cette édition a été la leçon inaugurale du Professeur Jean-Emmanuel Pondi, écrivain, universitaire et politologue. Avec une approche résolument afro-centrée, il a bousculé les idées reçues.

    « Beaucoup de personnes qui migrent sont des personnes extrêmement qualifiées », a-t-il d’emblée rappelé.

    Le Pr Pondi a également insisté sur la diversité des causes migratoires :

    « Les déplacements liés au climat sont également à prendre en compte. »« Un jeune formé part généralement parce que le rendement de ses compétences est plus élevé ailleurs que sur le continent africain. »Il a pointé du doigt un phénomène de déception organisée :« Les jeunes partent souvent parce qu’on leur montre souvent que l’herbe est plus verte ailleurs. Beaucoup de jeunes tombent dans ce piège. »L’universitaire a posé une question cruciale pour l’avenir du continent :*« Comment l’Afrique peut-elle se développer quand 70 000 de ses cerveaux optent pour un départ ? »*Enfin, il a appelé à une prise de conscience des spécificités africaines :« Les réalités de l’Afrique ne sont pas les réalités des autres continents. »

    Panels de haut niveau : diagnostic et solutions

    La Présentation technique du DAP par Dr Fatou-Myriam Mandou a permis de cadrer les travaux et de préciser la méthodologie du dialogue permanent.Deux panels ont ensuite rythmé la journée :Panel 1 – État des lieux de la migration en Afrique : parcours, vulnérabilités et opportunitésLes intervenants ont croisé données chiffrées et témoignages pour dresser un portrait sans complaisance des routes migratoires, des risques encourus par les jeunes (trafic, exploitation), mais aussi des opportunités économiques que représentent les diasporas.Panel 2 – Investissement de la diaspora dans les secteurs porteurs et bonnes pratiquesCe second échange a mis en lumière des initiatives concrètes : levées de fonds transnationales, transferts de compétences, création d’entreprises à double ancrage. Plusieurs bonnes pratiques venues du Sénégal, du Cameroun et de Côte d’Ivoire ont été partagées.Une visite des stands et un espoir de continuitéAvant la clôture, les hauts responsables présents (dont M. Abdel Ramane Diop, Dr Hemes Nkwa, et le représentant du MINJEC) ont effectué une visite des stands tenus par des organisations de jeunesse, des incubateurs et des projets soutenus par l’OIM et ses partenaires.L’ambiance était studieuse mais résolument tournée vers l’action. Le DAP 2026 n’aura pas seulement posé des diagnostics : il a amorcé une dynamique de suivi, avec la promesse de voir aboutir des recommandations concrètes d’ici la prochaine édition.

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