Retour sur la participation de la CAMNAFAW à la Conférence nationale organisée par l’honorable Nourane Fotsing

    Je suis Mme NGOBO Ruth Nadège, responsable du Centre Médical CAMNAFAW Bépanda.À la CAMNAFAW, nous œuvrons chaque jour pour la santé sexuelle et reproductive et la défense des droits des populations vulnérables. Notre mission : informer, accompagner, protéger et garantir à chaque personne, surtout les plus fragiles,un accès équitable à une santé reproductive sûre et respectueuse.

    C’est dans ce cadre que, le 17 novembre dernier, nous avons été honorés d’être invité·e·s à la Conférence nationale sur les violences basées sur le genre, organisée par l’honorable Nourane Fotsing. Un rendez-vous majeur, rassemblant des acteurs engagés pour comprendre, analyser et combattre toutes les formes de violences.

    La violence passive : un thème essentiel mais encore trop méconnu

    Le thème central de cette conférence était la violence passive, une forme de violence souvent ignorée parce qu’elle est moins visible, moins spectaculaire que les violences physiques ou sexuelles.Pourtant, ses ravages sont profonds.La violence passive se glisse :dans les regards rabaissants,dans les mots blessants,dans les gestes d’indifférence,dans les sous-entendus humiliants,dans les pressions culturelles ou familiales,dans les attitudes de rejet ou d’exclusion.Elle ne laisse aucune cicatrice sur le corps, mais laisse des blessures durables sur l’estime de soi, la santé mentale et la dignité des victimes.C’est précisément pour cette raison que nous devons en parler davantage.

    Une rencontre riche en échanges et en voix engagées

    La conférence réunissait une diversité d’acteurs puissants :des députés ;des écrivains féministes ;des Miss Cameroun ;des artistes ;des leaders d’associations de personnes vivant avec un handicap.Cette pluralité de regards a permis d’aborder des sous-thèmes essentiels, révélant que la violence passive touche de multiples sphères de la société :

    1. Violence passive dans les traditions et familles

    Dans plusieurs ethnies ou communautés, certaines femmes sont contraintes de suivre des choix imposés, qu’il s’agisse de mariage, d’éducation, de rôle social…Une pression silencieuse, mais lourde.

    2. Violence passive envers les personnes vivant avec un handicap

    Regards insistants, moqueries, infantilisation, sous-entendus humiliants…Autant de gestes qui isolent, blessent et dévalorisent des personnes déjà vulnérables.

    3. Violence passive sur les réseaux sociaux

    Ministres, artistes, personnalités publiques : aucun profil n’est épargné par les commentaires haineux.Des mots lancés par des inconnus, qui piquent et laissent des traces invisibles mais profondes.

    Reconnaître pour mieux prévenir

    Le plus grand défi de la violence passive, c’est qu’elle est difficile à identifier.On finit par la banaliser, la minimiser, voire la normaliser.Pourtant, elle doit être :reconnue,nommée,expliquée,dénoncée,et intégrée dans l’éducation dès le plus jeune âge.Car c’est en formant les enfants, les adolescents, les familles et les communautés que nous pourrons réduire les discriminations et bâtir une société plus juste et plus respectueuse.

    Continuer le combat

    La violence basée sur le genre est une réalité au Cameroun comme ailleurs.Et la violence passive, bien que silencieuse, en est une forme redoutable qui détruit de l’intérieur.À la CAMNAFAW, nous continuerons à :sensibiliser,accompagner,écouter,prévenir,et défendre toutes les personnes touchées par ces violences.Merci encore à l’honorable Nourane Fotsing pour cette invitation.Merci à toutes les voix qui se sont élevées.Et surtout, continuons ensemble à combattre toutes les formes de violences dans notre société.

    Partager.
    Leave A Reply