Le jeudi 26 mars 2026, l’espace Doual’art a une fois de plus confirmé son rôle de carrefour incontournable de la création artistique à Douala.

    Dans une ambiance chaleureuse et profondément inspirante, hommes et femmes passionnés de culture ont répondu présents pour célébrer la poésie, le slam et la parole engagée.

    Dès les premières minutes, le ton est donné : ici, l’art ne se consomme pas, il se vit. Et au fil des prestations, une connexion presque palpable s’installe entre les artistes et le public. Une alchimie rare, qui témoigne de la vitalité de la scène artistique camerounaise.

    Parmi les voix qui ont marqué cette rencontre, celle de Hugo, slameur engagé, a particulièrement retenu l’attention.

    À la fin de sa prestation, le sourire aux lèvres, il confie :« Nous avons eu beaucoup de bonheur et la chance de travailler ensemble dans un très bel esprit. L’équipe de Doual’art a mis les petits plats dans les grands pour nous et l’Institut français du Cameroun nous a fait confiance. Le public a répondu présent. »

    Inspiré par le roman Ville cruelle de Mongo Beti, Hugo a livré un texte poignant intitulé « À Ville cruelle, Forêt rebelle ». Une œuvre vibrante, construite autour d’un message fort :

    « Justice pour les Nourricières, Sentinelles de nos terres. »

    À travers ce slam, l’artiste rend hommage aux femmes rurales, ces agricultrices souvent invisibles mais essentielles, dont les luttes restent encore trop peu reconnues.

    Une dénonciation poignante des injustices sociales, notamment celles subies par les femmes privées de leurs terres ou exploitées dans les champs.

    Une poésie née de l’intime et du vécu

    Pour Hugo, chaque texte est une plongée intérieure. Entre introspection et écriture spontanée,

    il façonne ses performances au rythme de ses émotions :« Je laisse couler mon esprit naturellement et mets mes idées en tension au fur et à mesure que l’émotion me porte. »Une démarche artistique sincère, qui explique sans doute l’intensité de ses prestations et leur capacité à toucher profondément le public.

    Un public engagé, moteur de la création

    L’un des moments les plus marquants de la soirée reste ce silence habité, presque sacré, lorsque le public écoute les artistes.« Le respect et l’attention que le public apporte aux poètes sont essentiels pour la croissance de l’artiste », souligne Hugo.Un public décrit comme « d’un haut niveau d’écoute », dont l’ouverture d’esprit participe activement à la renaissance de la poésie et du slam au Cameroun.

    Une scène artistique en pleine ébullition

    Au-delà des performances, cet événement a aussi été un espace de rencontres et de partage entre artistes. Hugo évoque notamment ses échanges avec Louise Abomba et Flora Houang :« Ensemble, nous soulèverons des montagnes. »Depuis ses débuts en 2009 avec le collectif Laphraz Slam, l’artiste n’a cessé de tracer son chemin, porté par des figures inspirantes comme Marc Alexandre Oho Bambé ou encore Kissy Abeng, pionnière du slam féminin au Cameroun.Mais le défi reste de taille : structurer une véritable communauté slam à Douala et au-delà, afin de faire de cet art un levier d’impact culturel et économique.

    Un impact durable sur la culture locale

    Pour Hugo, l’importance de ce type d’événement ne fait aucun doute :« Cela impacte sur le long terme et mûrit les consciences artistiques. »En effet, au-delà du spectacle, ces rencontres participent à construire une identité culturelle forte, engagée et tournée vers l’avenir.

    Une soirée qui laisse des traces

    À la fin de l’événement, une évidence s’impose : la satisfaction se lit sur tous les visages. Artistes comme spectateurs repartent enrichis, touchés, transformés.

    Preuve que lorsque les mots rencontrent des oreilles attentives, ils deviennent bien plus que de simples phrases : ils deviennent des moteurs de changement.

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