Douala a accueilli les 24 et 25 avril 2026, à l’hôtel Vallée des Princes, un atelier de formation inédit. La Task Force Media, initiée par l’association Elles Rayonnent Ensemble dans le cadre du projet SOSO MEKI (« Mon sang est digne »), a réuni des professionnels des médias autour d’un objectif commun : faire des menstruations un sujet de santé publique et de droits humains, libéré des stigmatisations.

    Des journalistes, communicants et acteurs du digital ont planché durant deux jours sur la manière de produire des contenus responsables, inclusifs et sensibles au genre. L’enjeu est de taille : au Cameroun, comme ailleurs en Afrique, les règles restent entourées de tabous, de désinformation et de discriminations.

    Caroline MVENG, Coordonnatrice Exécutive de l’association Elles Rayonnent Ensemble

    « La santé et la dignité menstruelle sont des droits fondamentaux liés à la santé sexuelle et reproductive », a rappelé Caroline MVENG, coordinatrice exécutive d’Elles Rayonnent Ensemble, en ouvrant les travaux. Avant de céder la parole à Marthe Suzanne Mveng, chef de projet SOSO MEKI, qui a présenté les ambitions de l’initiative : changer le narratif, lever les discours stigmatisants et outiller les médias pour qu’ils deviennent des vecteurs de transformation sociale.

    Des chiffres qui interpellent

    Les participants ont pris connaissance des résultats d’une étude de base menée au Cameroun auprès de 548 personnes menstruées. Les données sont édifiantes :

    • 95 % des personnes menstruées disent avoir été victimes de discrimination.
    • 40 % ont subi des moqueries pour avoir eu leurs règles au cours des six derniers mois.
    • 56 % affirment que dans leur communauté, la menstruation est considérée comme sale, impure ou honteuse.
    • 15 % des personnes interrogées sont d’accord que les femmes sont inférieures aux hommes parce qu’elles ont leurs règles.Seulement
    • 11 % des hommes et femmes ont une compréhension correcte de pourquoi les menstruations se produisent

    .Face à ce constat, l’atelier a insisté sur le pouvoir des médias : informer juste, humaniser le sujet, éduquer sans blesser, mobiliser sans exclure. À défaut, le risque est de perpétuer l’autocensure, l’invisibilisation et les inégalités de genre.

    Panorama des modules

    Le premier jour, les échanges ont permis de définir les concepts clés : santé menstruelle, cycle, ménopause, ovulation, protections, dysménorrhée… Mais aussi d’identifier les mots justes pour une communication bienveillante.Le second jour, d’autres modules ont rythmé la formation :« Rôle des médias dans la promotion de la DSSR » (Droit à la santé sexuelle et reproductive), animé par Mme Adrienne Engono. Objectif : produire des contenus fondés sur les droits humains.« Engagement des hommes et garçons sur les sujets de santé menstruelle et dignité menstruelle », animé par M. Lesley, CEO de Lesley Foundation. Une séquence cruciale pour montrer que les hommes ont leur place dans ce combat.« Les médias doivent changer le storytelling, changer le narratif, et impliquer les hommes pour briser le cycle de la honte ».

    Des résultats concrets à venir

    À l’issue des deux jours, la Task Force Media a pris des engagements forts afin detre des acteurs clés du changement.

    Par cette action,l’information sur les menstruations sera désormais plus forte, plus juste, et plus visible.L’atelier s’est achevé sur une note d’espoir, avec la conviction que la dignité menstruelle, reconnue comme un droit humain, peut enfin sortir de l’ombre grâce à la plume et au micro de ceux qui racontent le monde.

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