Même si le Cameroun n’a enregistré aucun nouveau poliovirus variant de type 2 depuis avril 2025, les autorités sanitaires restent mobilisées. Cette vigilance s’explique par un risque toujours élevé de réintroduction du virus, notamment à travers les mouvements transfrontaliers.
Le pays a ainsi lancé, du 9 au 12 juillet 2026, le deuxième tour des Journées Locales de Vaccination (JLV), couplé à la première édition de la Semaine d’Actions de Santé et de Nutrition Infantile et Maternelle (SASNIM 1).
En 2025, cinq campagnes supplémentaires de vaccination ont permis d’interrompre la circulation du poliovirus variant de type 2. Ces interventions ont également contribué à rattraper les enfants qui n’avaient pas reçu toutes leurs doses de vaccin. Mais cette avancée reste fragile.
Selon les données du Programme Élargi de Vaccination (PEV), les couvertures vaccinales de routine stagnent autour de 70 %. Autrement dit, près de trois enfants sur dix ne bénéficient toujours pas d’une protection complète contre la poliomyélite.
Cette situation ouvre la voie à une possible résurgence de la maladie.
Le contexte régional renforce cette inquiétude. Le Nigeria voisin a déjà signalé plusieurs cas de poliovirus variants en 2026. Les échanges commerciaux, les déplacements des éleveurs, des familles ou encore des commerçants dans le bassin du Lac Tchad facilitent la circulation du virus entre les pays.
Certaines régions camerounaises présentent également des défis particuliers.
Le Centre et le Littoral avaient enregistré des performances insuffisantes lors des précédentes campagnes de vaccination, conduisant les autorités sanitaires à renforcer leurs interventions dans ces zones.
Au total, près de 6,4 millions d’enfants âgés de 0 à 59 mois sont concernés par cette nouvelle campagne dans six régions : l’Adamaoua, le Centre, l’Est, l’Extrême-Nord, le Littoral et le Nord.
Au-delà de la simple administration de deux gouttes de vaccin oral, cette opération constitue un investissement majeur pour empêcher le retour d’une maladie capable de provoquer des paralysies irréversibles.
Pour les autorités sanitaires, chaque enfant vacciné représente une barrière supplémentaire contre la circulation du virus.
Le message est donc clair : l’absence de nouveaux cas ne signifie pas que la menace a disparu. La meilleure façon de préserver les acquis reste de maintenir une couverture vaccinale élevée dans toutes les communautés.

