Chaque 25 novembre, la planète se mobilise pour la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, une date devenue symbole de résistance, de mémoire et de lutte. Dans ce combat, le Cameroun n’est pas en marge. Le pays voit grandir chaque année un réseau d’associations, de collectifs et d’initiatives citoyennes qui œuvrent pour protéger, accompagner et redonner une voix aux survivantes. Et pourtant, l’ampleur du problème continue d’exiger une vigilance absolue.
Au 10 novembre, la plateforme stopfeminicides237 recensait déjà 53 femmes tuées depuis le début de l’année. Derrière ce chiffre, ce sont des vies arrachées, des familles détruites, des enfants traumatisés, et une société qui perd un peu plus de sa force à chaque fois qu’une femme est frappée, humiliée, contrôlée, menacée ou tuée.

Les violences faites aux femmes ne sont pas une fatalité. Elles ne relèvent pas d’un “problème de foyer”, ni d’un “affaire de femmes”.Elles constituent une violation flagrante des droits humains, un frein au développement, un poison qui ronge le tissu social et une menace pour la démocratie.
La nouvelle frontière des violences : le numérique
Dans un monde toujours plus connecté, les violences basculent désormais en ligne. Et elles prennent une ampleur inquiétante.Aujourd’hui, 38 % des femmes ont été victimes de violence numérique, et 85 % en ont été témoins.Plus grave encore : plus de 90 % des deepfakes — ces fausses vidéos générées par l’intelligence artificielle — ciblent les femmes et les filles.Ce n’est pas un phénomène marginal. C’est une crise démocratique, économique et sociale.
Le numérique, censé être un espace d’opportunités, devient pour beaucoup un terrain d’intimidation, de harcèlement, de chantage, de diffamation et d’exposition non consentie. Dans nos quartiers, sur Facebook, sur WhatsApp, dans nos groupes privés… les violences numériques s’intensifient à grande échelle.
Au Cameroun, un élan de résistance et d’espoir
Malgré ce contexte, de nombreuses initiatives camerounaises émergent, se renforcent et se professionnalisent.Des associations accompagnent les survivantes, proposent un soutien psychologique, juridique, médical.Des ONG forment des jeunes à la prévention des violences numériques.Des activistes documentent les féminicides, brisent le silence et secouent les consciences.Des leaders religieux, communautaires et médiatiques s’engagent de plus en plus publiquement.Cette mobilisation nationale montre une vérité essentielle :la cause des femmes concerne toute la société, pas seulement les femmes.Quand une femme est blessée, c’est une brèche dans la sécurité collective.Quand une femme est réduite au silence, c’est un affaiblissement de la démocratie.Quand une fille renonce à ses rêves par peur, c’est l’avenir du pays qui perd en puissance.
Agir pendant les #16Jours… et après
Chaque année, du 25 novembre au 10 décembre, les 16 Jours d’activisme rappellent l’urgence d’un engagement collectif.Cette campagne appelle à inscrire les droits humains au cœur des systèmes numériques, à responsabiliser les utilisateurs, à rendre la technologie plus sûre et plus inclusive.Il est temps de refuser la normalisation des violences, en ligne comme hors ligne.Il est temps d’éduquer, de protéger, de prévenir et de punir.Il est temps, ensemble, de construire un Cameroun où les femmes marchent sans peur, parlent sans crainte et vivent sans menace.L’égalité et le respect ne doivent pas être des slogans. Ce sont des fondations.

